24 août 2012

La Permanence Médicale Universitaire

 

Bien m’en a pris ! Faire la queue, ça m'allait, observer les gens, parler avec eux, voir ces jeunes médecins venir chercher les « clients », leur serrer la main, leur montrer le chemin vers leurs petits cabinets de consultation, c'était presque comme aux  urgences  (Out patients) à Tygerberg, à Pretoria, au Cap , à East London.

Le médecin qui s'est occupé de moi, M.Z.  ressemblait un peu à un grand ourson barbu. Il a posé toutes les questions selon le formulaire qu'il avait sous la main, ces questions n'avaient rien à faire avec mes os. Puis vint l’inévitable radiographie.  Ce qu'il a vu l'a un peu surpris, je crois. Cette topographie bricolée ! Il m'a demandé où j'avais mal. Aux os bien sûr. Il a proposé l'examen d'un spécialiste, soit en rhumatologie, soit en orthopédie. Je n'ai pas hésité, c'était l'orthopédie qu’il fallait ! Il téléphone au CHUV, à un chef de Clinique de la section traumatologie/orthopédie et fixe avec lui un rendez-vous pour moi. Je l'entends mentionner: "C'est quelqu'un de retour d'Afrique du Sud". M.Z, quel chic type, durant plusieurs années, il est resté le médecin généraliste toujours attentif et disponible.

A l'hôpital orthopédique, à Lausanne, un médecin, J. F.F.  (c'est son vrai nom) a ouvert de grands yeux face aux radiographies qui lui révélaient  une structure osseuse  bancale. Il a dit: "Elle a été faite où, la dernière opération?" "A Tygerberg Hospital, Cape Town, dis-je". Ses yeux se sont remplis de lumière: "J'ai travaillé, un an durant, à l'hôpital à Johannesburg, et ce fut l'année la plus heureuse de ma vie. dit-il, comme un petit garçon qui raconte son dernier match de foot qu’il a gagné !". On s'est vraiment compris tout de suite, les deux. Sans piper mot, J.F.F. avait obtenu le visa pour l'entrée de mon cœur.

Lui et ses confrères ont opéré cette hanche qui l'avait déjà été par trois fois auparavant en Afrique du Sud. Des opérations très bien réussies puisque 25 années s'étaient écoulées depuis la dernière intervention à l'hôpital Tygerberg, au Cap, par le Dr André Roux que je n'oublierai jamais. Il est mort depuis.

J.F.F  je peux le dire, m'a remise debout. Après trois mois d’excellente  rééducation à la Maison-Mère à Menzingen et quelques semaines à Bulle, je revenais à Vinet 27 et je marchais sans douleur! Je grimpais dans les autobus et les trains sans trébucher… il y a 9 ans de cela, et ça tient. Cette opération a été faite à l’hôpital orthopédique, à Lausanne.

Lors d’un contrôle, J.F.F. mine de rien, a suggéré que je raconte cet accident qui m'avait presque émiettée. J'ai attendu et puis je m'y suis mise. Je l'ai écrit, ce récit, sur un vieil ordinateur que mes consœurs m'avaient donné et, ayant raconté ce dont je me souvenais, je lui ai donné ce texte.

Ce médecin spécialiste en chirurgie orthopédique a dit :  "Ne gardez pas ça pour vous, racontez cet accident … Racontez ces deux ans de retour à la vie en Afrique du sud… » Il y a eu des années d’hésitation avant que je reprenne ce récit. J’avais peur de revenir sur ce passé, pourtant fructueux !

Neuf ans plus tard, donc aujourd'hui en 2006,  je raconte cette histoire à l’aide d’un ordinateur DELL !

Posté par Katutura à 09:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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